mardi 19 août 2008

Un sondage dans la vie des astronomes dans le sud de la France

Il y a deux observatoires en France. Le premier se trouve en Haute Provence et le deuxième dans les Pyrenées. On peut donc dire que les astronomes ne sont pas dupes et ils savent bien que la pollution lumineuse est vachement moins importante dans de jolies zones touristiques de France que par exemple autour de Lille.

Le Cosmonaute n'a donc eu aucun mal à me convaincre de partir avec lui à l'observatoire de Haute Provence ou se trouvait en mission son chef de doctorat Damien. Damien est français, mais il travaille à l'observatoire de Genève. Le Cosmonaute est parti au sud pour bosser et moi, j'ai reçu l'instruction de surtout ne pas oublier les maillots de bain, car il y a une réserve d'eau qui fait naturellement partie de l'obs (vous voyez, j'ai bien intégré le jargon des astronomes, eh?). La Haute Provence est sèche et les incendies sont fréquents. Les seuls qui font des barbeucs en Haute Provence, c'est les Suisses. Pour tout dire sur la réserve d'eau, les pompiers de St.Michel peuvent être tranquilles, la réserve étant dans un très bon état avec un carrelage nickel, avec de l'eau très claire et avec une petite échelle pour y descendre. On dirait une piscine...

L'obs (trop cool, moi!) se trouve sur une colline à côté d'un village nommé St.Michel, ce village lui-même étant à 15 kilomètres de Manosque. La colline est occupée par des coupoles avec des télescopes, des coupoles hors service, des téléscopes hors service, des coupoles hors service avec des télescopes hors service et des petites maisons pas du tout hors service. Nous, on demeurait dans "le pavillon suisse": une petite maison avec deux chambres, un séjour, une cuisine, une salle de bain, un garage et avec que des prises suisses qui, naturellement, sont bien différentes de celles qu'on utilise en France. A côté de notre maisonnette, il y avait ce télescope (hors service) avec cette coupole (hors service, mais depuis peu). Pendant la visite de l'observatoire, les astronomes ont essayé de l'ouvrir, mais elle n'a produit qu'un bruit affreux qui m'a fait pensé que c'est le télescope qui tombe sur nos têtes. Mais heureusement, c'était juste un peu de poussière. Sinon, il y avait cette petite table à côté de la maison où les astronomes se reposent après leur nuit de travail.

Ma propre recherche consistait notamment en recherche bibliographique, en travaux pratiques d'alchimie, en exploration du terrain et en recharge des piles. Moins scientifiquement dit, j'ai lu, j'ai cuisiné, j'ai fait des randos à vélo et j'ai dormi. On peut dire que j'ai aussi un peu étudié l'âme des astronomes. Et ce n'était pas vraiment mon boulot, car selon les instructions (suisses) affichés fièrement dans la cuisine, j'ai apparemment une autre tâche sur la terre: "les épouses des astronomes sont priées de faire le ménage avant le départ.", disait ce petit mot. Je me sens pas concernée. D'abord, je ne suis pas une épouse, et surtout, le machisme n'est plus à la mode en France.

Concernant les randos, je peux dire que la Haute Provence est un peu bipolaire: ça monte et ça descend. Le premier jour, je suis allée chercher du pain à vélo: d'abord, il fallait descendre 150 mètres en altitude, après remonter 100 mètres, acheter du pain, redescendre 100 mètres et remonter 150...malgré cela, je suis allée chercher du pain chaque jour et je n'ai pas manqué l'occasion de voir un vide-grenier. Eh, il y en a, des choses, sur le grenier! Désirez vous un sac à main presque neuf avec une fourrure et des bottes en caoutchouc? ou c'est plutôt un fer à repasser, des phares, deux gants dépareillés ou une machine à écrire qui vous feraient plaisir?
ou finalement un petit nain de jardin, noir ou blanc, comme vous voulez...il y avait aussi une grosse boite de balles de golf, si jamais ça peut vous servir. Mais comme on dit, rira bien qui rira le dernier: je suis partie avec une (absolument géniale) petit boite pour mettre du sucre et avec une (encore plus absolument géniale) théière avec une espèce de protection contre le froid. Le Cosmonaute a dit qu'il ne voudrait pas ce déchet même si c'était gratuit, mais il a avoué que je suis douée quand même de choisir des choses en bon état.

Et alors, les observations? Il faut dire que toute la semaine, il faisait mauvais, donc les résultats de la recherche n'était pas super et en plus on n'a pas pu profiter de la réserve d'eau. Les deux astronomes ont quand même travaillé comme des suisses et ils m'ont aussi montré quelques télescopes (en service!!!). Saviez-vous que de nos jours, il n'y a plus de lentilles dans les télescopes? Un télescope, ce n'est que deux miroirs et un tube. Je vous le jure, car j'ai pu voir ce miroir de mes propres yeux quand le télescope était orienté vers la lune à l'horizon et il était donc très bas. Bon, le seul mensonge là dedans c'est que j'ai pu voir seulement car je suis montée sur une petite échelle, car je suis trop petite pour pouvoir regarder de l'autre côté du télescope même s'il est pointé vers la lune à l'horizon, mais sinon, vraiment, il n'y a qu'un miroir dans lequel, d'ailleurs, je me suis vue et c'est un miroir qui ne sert qu'aux stars pour qu'elles se regardent!

A part le miroir, j'ai aussi pu observer l'éclipse de lune, mais comme ces télescopes primitifs de nos jours n'ont pas un truc pour regarder et ils sont que connectés avec un ordi qui regarde tout seul, j'ai du observer l'éclipse de mes propres yeux.

Et c'est tout. Vous pouvez bien sûr voir les photos sur mon web. Et voilà un petit salut de St.Michel de dimanche soir....



samedi 9 août 2008

Le temps des concombres...dans les Tatras de l'Ouest

Pour dire "morte-saison" en tchèque, nous avons une jolie expression: on dit "la saison des concombres" ou "le temps des concombres". Je ne sais pas si c 'est que les journalistes ne savaient pas de quoi écrire, car tout le monde récoltait des concombres que du coup toutes les guerres se sont arrêtés (ah non, ce n'est pas ça, c'est les jeux olympiques qui ont eu cet effet dans des anciens temps civilisés...) ou si c'est que les gens mangeaient des concombres...en plus, avec la mondialisation, on mange des concombres toute l'année et étant un enfant de ville, j'ai aucune idée si la récolte des concombres est vraiment en août...bon, bref, c'est la morte saison, quoi. Comme ce n'est que hier qu'une guerre a éclaté sufisament proche pour intéresser nos journalistes, jusqu'au hier, les journaux étaient plein d'informations comme celle que une brigade des pompiers volontaires à Hradec a désormais la permission d'assister pendant les accidents des avions et que les écrevisses souffrent de la peste des écrevisses. Un des mes camarades de classe du lycée qui est devenu journaliste de la télé nationale m'avait dit que pour un journaliste, un tchèque mort égale cinquante irakiens morts ou cinq cents chinois morts. J'ai que à dire que je suis heureuse que je ne suis pas journaliste de la télé.

Sur mon bloque, c'est aussi un peu le temps des concombres. Comme le boucher, l'esthéticienne et tout le monde de mon quartier, je suis en vacances. Comme tout le monde sauf le Cosmonaute qui lutte toujours avec sa thèse.

Je suis donc partie en Tchèquie et ensuite en Slovaquie avec mon Frèroulino et mon père. Sachant que en somme, notre âge fait 120 ans au total, c'est des vacances plus que dangereux. Mais heureusement, nous aimons tous la montagne et donc, en somme, ce n'était pas si horrible que ça.

Nous sommes partis dimanche le 3 aout pour aller au chalet Ziarska. Je ne peux que recommander ce chalet qui se trouve à l'altitude de 1325 mètres et toutes les sorties se font donc sans le forêt et avec une vue superbe....la voilà:




Nos sorties menait ... sur Plačlivo, Tri kopy, Hruba kopa et Baníkov le premeir jour, un jour si mauvais que j'étais obligée de tenir mon petit chapeau au sommet Baníkov, comme vous pouvez voir sur la photo à droite...

...sur Ostrý roháč, au Valée Jamnicka et après par le col Smutné sedlo à notre chalet...et mon père, pas seulement que il a tenu les 1300 mètres de denivelé, mais il a aussi grimpé tous les cordes à Ostrý roháč. Et là, c'était moins drôle que le jour précédent, car il n'y avait plus des nuages et donc on a bien vu que si on tombe, on tombera 150 mètres au minimum...

Mais en même temps, sans vouloir dévaloriser les capacités de mon père, les Tatras m'ont surpris dans deux points: d'abord, vous vous engagez dans un parcours assez aérien sans que ça soit indiqué quelque part. Vous pouvez donc rencontrer sur ces parcours des familles avec des enfants avec des baskets premier prix. Et puis, je dois dire que parfois, sur ces parcours, vous pouvez tenir une chaine, mais parfois vous êtes obligés de grimper tout court... Mais évidement, ce n'est pas si dangereux que ça. L'instinct de survie est puissant et il n'y a pas mort d'homme... même pas ce garçon en tenu militaire qui porte deux canettes de la bière dans les poches de son sac à dos....












...le troisième jour, nous voulions nous reposer et nous sommes donc montés que Baranec. Il faisait très beau et j'ai donc pu faire le photo du panorama qui se trouve un peu plus haut, mais on a aussi pu faire une petite sieste au soleil. Et puis, au final, c'était quand même assez longue et donc on a vraiment savouré une petite bière au sommet...














Le quatrième jour, nous sommes remontés sur Baníkov et Kopas pour voir si il y a aussi un ravin de 150 mètres sous les chaines, mais aussi pour faire le parcours avec notre père qui n'était pas là avec nous le premier jour. Et comme vous pouvez voir, il n'était plus nécessaire de tenir son petit chapeau au sommet de Baníkov...

Alors, je peux conclure que notre petite expédition en Slovaquie s"est bien passé. Voilà le photo qu'on a pris en revenant de notre dernier rando. On a l'aire comme des vrais montagnards (tchèques). Et en plus, en Slovaquie, j'ai appris à jouer le mariáš, une jeux des cartes des vrais hommes! Bref,en temps des concombres, je suis devenue un mec sauvage à l'est sauvage....